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Maïs (Zea mays)

La sexualité chez les plantes - Hybridation contrôlée

Chez le maïs, la floraison mâle et la floraison femelle se produisent sur le même plant ; le maïs est monoïque. Cependant, la floraison mâle apparaît sur une panicule au sommet du plant tandis que la floraison femelle apparaît aux aisselles de feuilles situées généralement à mi-hauteur de ce plant. Cette “double localisation” de la floraison fait dire que le maïs est monoïque dicline.
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La floraison mâle qui apparaît sur une panicule au sommet du plant précède légèrement la floraison femelle : on dit qu’il y a protandrie. Cette protandrie contribue au caractère allogame du maïs : la fécondation est à plus de 95% croisée entre les plants. Le maïs supporte d’ailleurs mal l’autofécondation qui lui donne une descendance moins vigoureuse et moins productive, ce qui caractérise les plantes allogames.
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Brassé par le vent et distribué jusqu’à 5OO m de son point de départ, le pollen du maïs peut conserver sa vitalité durant un laps de temps allant de 24 heures à 4 jours selon les auteurs. La fécondation d’une fleur femelle par du pollen provenant du même plant est rare : en effet, la fleur mâle est mûre plus tôt que la fleur femelle, on dit qu’il y a protandrie. L’autofécondation ne concerne donc qu’un nombre inférieur à 5% du total des fécondations dans un champ.
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Le maïs étant allogame, il supporte mal l’autofécondation qui donne une descendance moins vigoureuse et moins productive. Dans des populations de maïs trop étroites dont on resème des récoltes de saison en saison, certaines dégénérescences apparaissent influençant la production : ici, des épis de maïs de taille parfois très réduite.
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L’autofécondation ayant un effet néfaste sur la production de la descendance, les semences de maïs doivent être hybrides. La production de semences est donc basée sur ce principe et cherche à produire des parents dont la descendance hybride sera vigoureuse tout en répondant aux autres exigences des producteurs (couleur et composition du grain par exemple).
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Pour produire des parents géniteurs de bonnes semences hybrides, il s’agit de pouvoir diriger la fécondation. Pour ce faire, il faut contrôler l’origine du pollen et empêcher l’inflorescence femelle de recevoir un pollen quelconque. Cette opération s’appelle l’isolation. Elle se réalise avant la maturité de l’inflorescence mâle et de l’inflorescence femelle par ensachage.
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L’inflorescence mâle d’un sujet choisi pour sa valeur en tant que candidat “parent mâle” est ensachée et étiquetée avant maturité afin d’en récolter plus tard le pollen ainsi bien identifié. Ce pollen est ainsi protégé de tout apport extérieur de pollen étranger.
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Par ensachage, l’inflorescence femelle du candidat “parent femelle” est protégée de tout apport de pollen indésirable. Lorsque les styles seront suffisamment développés et donc réceptifs, ils recevront le pollen voulu et remis sous cette protection jusqu’au moment où ils ne seront plus réceptifs.
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L’ensachage d’inflorescences mâles et femelles constitue une opération fort simple qui, chez le maïs, permet le contrôle de la fécondation dans le cadre des programmes d’amélioration et de sélection.
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L’autofécondation, c’est-à-dire l’utilisation du pollen d’un plant pour féconder la ou les inflorescences femelle(s) du même plant, est aisée. Il suffit de récolter le pollen en secouant la panicule mâle à l’intérieur de son sac, de conserver ce pollen au frais jusqu’à maturité de l’inflorescence femelle puis de saupoudrer les styles réceptifs par ce pollen.
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L’autofécondation d’un plant choisi pour ses qualités a pour but de “fixer” les caractères pour lesquels ce plant a été choisi, c’est-à-dire les rendre transmissibles de génération en génération. Les graines obtenues par autofécondation du plant seront semées : cette descendance d’un seul individu est appelée “lignée”. Dans la lignée, on choisit les meilleurs ou on élimine les moins bons.
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Au sein de la lignée obtenue par l’autofécondation, des plants ayant conservé les qualités qui ont présidé au choix du plant-parent sont eux-mêmes autofécondés, les autres ont été éliminés. Chacun des plants choisis produira une descendance autofécondée : c’est la lignée de génération suivante. De génération en génération, on “purifie” les lignées (épuration) jusqu’au moment où les caratères recherchés sont “fixés” (lignée épurée), c’est-à-dire qu’ils se transmettent à toute leur descendance.
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Les lignées épurées sont affaiblies par les autofécondations successives.
Des lignées d’origines différentes dont les qualités pourraient être rassemblées sont croisées pour tester leur aptitude à fournir des semences qui produiront des plants hautement productifs cette fois. Ces tests sont réalisés dans le cadre d’opérations expérimentales dites “tests d’aptitude à la combinaison”, en anglais “combining ability”.
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Pour obtenir un nombre suffisant de plants des lignées ayant réussi les tests d’aptitude à la combinaison, celles-ci sont multipliées. On les cultive chacune dans des parcelles totalement isolées les unes des autres par la distance : il faut éviter tout apport de pollen de maïs étranger dans chaque parcelle. L’autofécondation n’est plus de rigueur, elle affaiblirait trop la descendance des individus. On la remplace par une fécondation dite “familiale” où le pollen se distribue entre individus d’une même lignée : c’est l’endogamie.
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La production industrielle de semences hybrides, chez le maïs, est aisée dès que les géniteurs ont été créés et multipliés. On établit alors des champs semenciers. Les “parents femelles” (en vert) y sont étêtés, c’est-à-dire que leur inflorescence mâle est sectionnée avant maturité. Les “parents mâles” (en blanc), eux, sont gardés entiers. La récolte des semences hybrides se fera uniquement sur les parents femelles (en vert) qui n’auront pu être fécondés que par les “parents mâles” entiers. Elles donneront en culture des hybrides F1.
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Ici, trois lignes de “parents femelles” ont été étêtées. Elles sont entourées des lignes des “parents mâles” disposant toujours de leur inflorescence mâle. La récolte des semences ne se fera que sur les “parents femelles”.
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Les semences hybrides de maïs sont donc créées en fonction des qualités recherchées et ensuite de l’aptitude des lignées parentales à se combiner pour fournir une descendance vigoureuse et productive. Par exemple, le maïs “Semi-Flint” est issu d’un croisement entre un maïs de qualité “Dent” et un maïs de qualité “Flint” obtenu tous les deux par autofécondations successives (lignées). Faut-il encore que ces lignées puissent (aptitude à la combinaison) fournir par hybridation des semences produisant des récoltes quantitativement satisfaisantes.
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